Leçon d’histoire 2 10 mai 2011

Québec, le 10 mai 2011
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Leçon d’histoire (2)

C’est en 1791 qu’il y a eu formation du Haut-Canada (Ontario, 15 000 Anglais loyalistes qui viennent des États-Unis) et du Bas-Canada (Québec, 160 000 Français). Ces deux nouvelles colonies disposaient d’un gouverneur général nommé par Londres et d’une Chambre d’assemblée qui n’est là qu’à titre consultatif. Le Canada était séparé en deux pour permettre aux Anglais d’avoir leurs propres lois et de ne pas être noyés dans la majorité francophone.

C’est en 1792 qu’il y aura l’introduction du parlementarisme au Québec et du développement de la presse, fil de la démocratie. Au droit d’imprimer et diffuser des imprimés s’ajoute dorénavant celui d’informer. Les premiers journaux naîtront au tournant du XIXe siècle : Le Canadien sera le tout premier à défendre les intérêts des habitants du Bas-Canada.

C’est ainsi que le 24 juin 1834, par un pied de nez magistral à toute cette oligarchie anglaise qui dominait la ville, Ludger Duvernay et ses amis fondèrent la société Saint-Jean Baptiste. Vingt-cinq « Santé! » furent portés par les 60 invités, si l’on en croit le compte rendu qu’en fit La Minerve du 26 juin. Ludger Duvernay porta la première santé en l’honneur du « peuple, source de toute autorité légitime ».

La rébellion de 1837-1838 dans le Bas-Canada a été beaucoup plus violente que celle dans le Haut-Canada. Au cours du printemps et de l’été 1837, les chefs réformistes, dont le principal était Louis-Joseph Papineau, chef du Parti Patriote, ont tiré parti des tensions politiques de longue date pour mettre sur pied une large force rebelle. La situation était tellement tendue qu’en octobre 1837 toutes les troupes Britanniques régulières ont été retirées du Haut-Canada et transférées dans le Bas-Canada. Les troupes rebelles ne faisaient pas le poids devant l’importante force militaire coloniale.

Proclamation de l’acte d’union en 1840 et lord Durham propose l’assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française. De ce fait, l’Angleterre unie le Haut-Canada et le Bas-Canada ; le pays tout entier est désormais sous la tutelle d’un seul gouverneur. L’Acte d’union donne au Haut-Canada, presque exclusivement anglais et moins peuplé, le même nombre de députés qu’au Bas-Canada ; il fait aussi de l’anglais la seule langue officielle. Lord Durham prévoit même que les anglophones seront bientôt plus nombreux, qu’ils domineront ainsi l’Assemblée.

En concevant en 1883 les plans du Palais législatif de Québec (aujourd’hui l’Assemblée nationale), Eugène-Étienne Taché architecte et sous-ministre des Terres de la Couronne, fit graver dans la pierre, sous les armes du Québec la devise du Québec Je me souviens. Il a conçu la décoration de la façade de l’hôtel du Parlement comme un rappel de l’histoire du Québec et il en a fait un véritable Panthéon soient amérindiens, explorateurs, missionnaires, militaires administrateurs publics du régime français et des figures du régime anglais. Le Canada-Uni compte alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. De plus entre 1850 et 1860, plus de 250 000 immigrants arrivent au Canada.

En 1867, sous l’impulsion de John A. Macdonald et de Georges Étienne Cartier (deux hommes politiques canadiens), la tendance vers le fédéralisme se concrétise et l’« Acte de l’Amérique du Nord britannique » fut imposée le 1er juillet et elle regroupe quatre provinces : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse (l’ancienne Acadie), l’Ontario et le Québec qui compte 1 200 000 habitants. Le français redevient une langue officielle, avec l’anglais, mais il n’est nullement question de rendre bilingue le gouvernement fédéral et encore moins de faire du Canada un pays bilingue.

L’Union Nationale, fondée en 1938, prend le pouvoir au Québec, avec son chef Maurice Duplessis. Duplessis. Il se voudra autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintiendra le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d’éducation, d’économie et dans les lois sociales.

Lors de la guerre 1939 à 1945 le premier ministre Mackenzie-King tient un plébiscite en 1942, en demandant aux Canadiens de lui permettre de renier sa promesse de ne pas procéder à la conscription. Les francophones disent non à 80 %, mais parce que les anglophones sont plus nombreux et qu’ils votent oui, le résultat final est 63 % pour le oui ; la conscription est passée. La distinction entre le Québec et le reste du pays ne fait plus de doute.

En 1948 Le Québec adopte son drapeau (le fleurdelisé) et Maurice Duplessis crée au Québec l’impôt provincial sur le revenu des particuliers en 1954. Sa mort en 1959 met fin à ce qu’on appelle la période de « grande noirceur » et permet aux éléments de la Révolution tranquille de se mettre en place.

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