La descente aux enfers de L’ADQ 8 novembre 2009

Québec, le 8 novembre 2009

La descente aux enfers de L’ADQ

En février 1990 durant la dernière phase du processus de ratification de l’accord du lac Meech, le Parti libéral du Québec (PLQ) réaffirma son adhésion à l’Accord et établit, sous la présidence de M. Jean Allaire, un comité interne chargé de définir une position constitutionnelle pour la ronde de négociations qui suivrait la proclamation de Meech « rapport Allaire ». Toutefois lorsque la date limite de la ratification fut atteinte, deux provinces, le Manitoba et Terre-Neuve, avaient toujours refusé de ratifier l’Accord, la deuxième ayant même renié sa signature, par la volonté de Clyde Wells.

Suite au rejet de Meech qui aurait reconnu au Québec le statut de société distincte au sein du Canada et que plusieurs percevaient comme un rejet du Québec le (PLQ) adopte le « rapport Allaire » et en fait sa politique constitutionnelle officielle. Ce fut toutefois de courte durée car en 1992 le PLQ l’écarte définitivement au profit de l’accord de Charlottetown qui aurait également reconnu le Québec comme une société distincte au sein du Canada, mais la réforme du fédéralisme canadien y était beaucoup plus modeste.

Bien que la plupart des libéraux appuyaient l’accord de Charlottetown, un certain nombre s’y sont opposés et ont quittés le PLQ. En effet menés par Jean Allaire, membre du Parti libéral et avocat de Laval, et Mario Dumont, une étoile politique montante qui avait été président de la commission des jeunes libéraux, les dissidents fondent l’Action démocratique du Québec (ADQ).

C’est alors que l’ADQ fut fondée en 1994 par un groupe de nationalistes prônant un système de fédéralisme décentralisé et qui accroîtrait de façon importante les pouvoirs du gouvernement du Québec. C’est à ce moment que Jean Allaire devient le premier chef de l’ADQ mais il démissionne quelques mois plus tard pour des raisons de santé et Mario Dumont lui succède.

Le chef de l’ADQ se fait élire à l’Assemblée nationale lors de l’élection générale de 1994, et c’est le seul candidat adéquiste élu à cette occasion. Par la suite, l’ADQ a réussi à devenir le véhicule des personnes qui rejetaient la gestion péquiste et qui refusaient de voter pour le PLQ. L’ADQ sera alors perçu comme un parti encore plus à droite que les partis bourgeois traditionnels et se réclame davantage des idées de Jean Lesage.

Depuis lors, l’ADQ vit des hauts et des bas de popularité. En effet lors de l’élection de 1998, Mario Dumont ne parvient pas à élargir suffisamment sa base électorale pour faire élire d’autres candidats de son parti et il demeure le seul représentant de son parti au parlement.

Toutefois en 2002, le mécontentement des électeurs face au gouvernement du Parti québécois de Bernard Landry et de l’opposition du PLQ de Jean Charest mène à des victoires inattendues de l’ADQ lors d’une série d’élections partielles, portant le caucus à cinq députés. Par la suite la popularité de l’ADQ pique du nez et tous les candidats-vedettes, à l’exception de Dumont et trois candidats (Chutes-de-la-Chaudière, Lotbinière et Beauce-Nord), sont défaits lors de l’élection de 2003.

Par contre l’ADQ se relève et le 18 décembre 2007 c’est le premier parti à dévoiler son programme électoral, contenant 86 engagements électoraux en vue de la prochaine élection générale. C’est alors qu’au lendemain des élections du 26 mars 2007, l’ADQ forme l’Opposition officielle, le parti ayant remporté 41 sièges. C’est une première historique pour le parti.

Par contre, c’est le début de la fin car L’ADQ a souffert de sa première expérience parlementaire de ses députés. Jean Charest du PLQ alors premier ministre minoritaire saisi la première occasion pour déclencher des élections anticipés. Les conséquences sur la députation de l’ADQ seront brutales et Mario Dumont quittera la direction du parti et son siège de Rivière-du-Loup en 2009. Sylvie Roy lui succèdera comme chef intérim du parti en attendant l’investiture.

Les tensions internes caractéristiques à un parti dont la direction est à prendre ont commencé à se manifester à l’ADQ dès le lancement de la course et ça ne s’est jamais arrêté. L’ADQ est sous respirateur artificiel car remporter la direction d’un parti par 2 votes alors que la participation est de 30 % ça doit certainement questionner le nouveau chef sur l’unité de son parti. Je crois même que la victoire si peu significative du chef Taillon devrait l’amener à refuser le mandat surtout depuis le supposé vote du chef d’état gabonais Omar Bongo malheureusement décédé.

Donc ce chef élu par peut-être 1 vote ne peut pas demander à la population en général d’accorder plus d’appui à sa formation politique que cette dernière a elle-même démontré d’intérêt lors de la course à la direction. Ça prendra tout un virage pour rebâtir l’ADQ car la succession de Dumont est loin d’être assurée. Des péripéties aussi loufoques les unes que les autres ont amenés les gens de ce parti à creuser leur propre tombe. Le creuseur en chef de ce tombeau Monsieur Gilles Taillon a t-il encore de la crédibilité. Il devrait se rendre à l’évidence qu’il n’a ni la poigne ni le charisme pour ressusciter ce parti surtout à cause des dernières révélations sur le financement de sa propre campagne.

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