Québec, le 1ier juin 2010

Une autre commission inutile

La désormais célèbre affaire Mulroney-Schreiber débute le 18 novembre 1995 lorsque le Financial Post de Toronto allègue que la GRC suspectait Brian Mulroney, Frank Moores, ancien premier ministre de Terre-Neuve, et l’industriel allemand Karlheinz Schreiber d’avoir reçu des commissions lors de l’achat de 34 avions Airbus par Air Canada, en 1988.

Niant tout les avocats de Brian Mulroney déposent immédiatement devant la Cour supérieure du Québec une poursuite en diffamation de 50 millions de dollars contre le gouvernement fédéral pour l’avoir traité comme un criminel. En 1997, au moment où devait commencer le procès, les avocats de Mulroney et ceux du gouvernement signent un règlement à l’amiable. À la suite de cette entente, Brian Mulroney reçoit une compensation financière de 2 millions de dollars. Le 22 avril 2003, après huit ans d’enquête, la GRC annonce qu’elle ferme son dossier Airbus.

Plus tard lorsque Monsieur Karlheinz Schreiber formule diverses allégations, notamment dans une déclaration sous serment faite le en 2007, au sujet de ses transactions financières et commerciales avec le très honorable Brian Mulroney le gouvernement du Canada reprend le dossier. Dans la même année son Excellence la Gouverneure générale en conseil ordonne que soit prise, en vertu de la partie I de la Loi sur les enquêtes, une commission revêtue du grand sceau du Canada portant nomination de l’honorable Jeffrey J. Oliphant à titre de commissaire chargé de mener une enquête concernant les allégations au sujet des transactions financières et commerciales entre Karlheinz Schreiber et le très honorable Brian Mulroney

Seize millions $ et deux ans plus tard, le juge Jeffrey Oliphant remet son rapport de 900 pages, blâme sévèrement l’ancien premier ministre et déclare que ce dernier a enfreint son propre code d’éthique en donnant autant d’accès aux coulisses de son gouvernement au lobbyiste Karlheinz Schreiber.

Suite à ce rapport, Brian Mulroney devrait, en toute bonne conscience remettre les 2,1 millions $ de nos taxes qu’il a reçu en compensation.