Québec, le 22 juillet 2009

Un quartier riche en histoire

(À François Bourque)

J’ai lu avec attention vos deux reportages sur le vieux Québec en mutation et permettez moi de vous faire mes humbles commentaires. Par vos articles vous m’avez fait revivre plein de souvenir. Dans les années 1960 j’avais une chambre dans le vieux Québec et quelques 40 ans plus tard il ne se passe pas une semaine sans que je retourne humer cet endroit qui fut jadis l’accomplissement de mes 20 ans.

D’abord la rue sous le fort qui nous a fait vivre des moments de joies et de tristesse par la pauvreté qu’il y existait mais aussi le côté humain des gens qui y habitaient et qui venait nous demander des sous. Il ne faut pas oublier le café Buade dont les serveuses nous recevaient à bras ouvert et savaient écouter nos propos aussi différents les uns que les autres tout en dégustant un coke et les meilleures frites en ville. Ce petit resto fut ouvert en 1919, c’est le plus ancien restaurant de la ville de Québec et il est rempli de charme et d’histoire. J’avais un ami qui restait sur la rue Petit-Champlain qui était entièrement habitée et par la suite ce fut l’installation des boutiques. Le même scénario pour la rue des antiquaires mais c’est ça une ville touristique.

J’en rencontré mon épouse il y a de ça 40 ans à la cloche d’or qui était située en face du Bistro et nous allions finir notre soirée dans ce merveilleux bar qui existe encore aujourd’hui en Bistro-Plus. Il est certain que nous ne passions pas à côté de la Madrague et de la Licorne sans y déguster une bière. Combien de fois nous avons pris la traverse en bateau pour se rendre à Lévis afin de visionner notre côté caché de ce vieux Québec et d’essayer d’imaginer la bataille des conquérants et malheureusement des conquis.

Que dire maintenant de la surprenante boutique cadeaux Champlain située au côté du café qui nous vendait toutes sortes d’articles dont le fil à tricoter pour ma mère. Personne ne visite le vieux Québec sans passer au travers de la rue du trésor située au côté du café Buade et de la boutique de cadeaux. L’existence de la rue date des débuts de la colonie. En effet il y a plus de trois siècles, on l’utilisait pour se rendre au Trésor Royal ou les colons venaient payer leurs impôts (trésor que l’on recherche encore). Cependant au fil des ans elle est devenue une allée de service.

Toutefois dans les années 1960 deux jeunes artistes décidèrent d’accrocher quelques-unes de leurs œuvres sur les murs de cette petite rue tranquille. L’idée fit boule de neige auprès des jeunes artistes de la ville, qui suivirent l’exemple et 10 ans plus tard plus d’une vingtaine d’entre eux avait monté leurs expositions temporaires, tentant de gagner leur vie en vendant leurs tableaux. Aujourd’hui c’est une attraction touristique à laquelle participe beaucoup d’artistes et malheureusement de charlatans. Dans le vieux Québec, il y avait également beaucoup trop de B & B inventés qui laissait à désirer avant que la ville décrète un moratoire.

Votre référence au livre de Félix-Antoine Savard qui s’est inspiré du roman Maria Chapdelaine est prémonitoire de ce qui s’est passé par la suite dans le mini déclin du secteur. Il faut se rappeler que ce roman Maria Chapdelaine (publié en feuilleton à Paris en 1914 et à Montréal en 1916) incarne un certain esprit canadien-français sous sa forme la plus lyrique. L’auteur, Louis HÉMON, un Français expatrié au Lac Saint-Jean (Qc), s’inspire de ses nombreuses expériences pour sensibiliser la population et surtout le clergé face à la décadence qu’il ressentait.

Si on passe maintenant aux années 90 qui ont vraiment marquées, changées et détruit l’image visuelle et habitable de ces lieux. C’est l’ère du béton celle des gratte-ciels. Des complexes G et H, des tours à bureaux aussi laide que celle de la Banque de Montréal au Carré d’Youville. La destruction du patro laval ou nos jeunes ont répétés sans cesse c’est un P, un A un T c’est un R avec un O rassemblez toute ces lettres et vous y trouverez PATRO. On se passera de parler des espèces de bretelles dégradantes de l’autoroute virevoltante au travers de ce quartier. Nous sommes allé plusieurs fois à Paris et je peux vous dire que le quartier Latin comprenant la Sorbonne et d’autres lycées ne comporte pas d’immenses tour à Bureau et c’est le coin des étudiants un peu comme l’était le Grand Séminaire. La ville de Québec a un peu manqué de vision làdessus.

Maintenant dans les années 2000 ce sont les festivals d’été, fête de la nouvelle France, red bull crishes ice, moulins à image, cirque du soleil et autres qui animent le vieux Québec et qui attirent des passants mais moins de résidents. Il est important toutefois de mentionner que pour voir ce quartier d’antan il faut sortir des sentiers battus et se promener dans les petites rues.

Excusez-moi du pêle-mêle de mon écrit mais je le faisais à mesure