Québec, le 06 septembre 2009

Un moulin à paroles
Qui fait jaser

(À Jean-Jacques Samson)

Je suis d’accord avec la chronique de Jean-Jacques Samson parut dans le journal du Québec 5 septembre concernant le chirage qu’a pris le moulin à paroles qui doit avoir lieu sur les plaines d’Abraham les 12 et 13 septembre. Je ne sais pas qui a choisit les personnages et les textes mais l’événement a pris toute une chire verbale. En effet de la lecture du manifeste du front de libération du Québec, au texte de Jehane Benoit en passant par Charles De Gaules les plaines d’Abraham n’ont rien à faire là. De plus les politiciens de toutes formations doivent se retirer de ce qui n’est même.

Voici un bref résumé de ce qui aurait pu être un peu plus historique et qui touche tout le monde. La formation du Haut-Canada en 1791(Ontario, 15 000 Anglais loyalistes qui viennent des États-Unis) et du Bas-Canada (Québec, 160 000 Français). Les deux colonies disposent d’un gouverneur et d’une Chambre d’assemblée qui n’est là qu’à titre consultatif. La Canada est séparé en deux pour permettre aux Anglais d’avoir leurs propres lois et de ne pas être noyés dans la majorité francophone.

Proclamation de l’Acte d’Union en 1840 et lord Durham propose l’assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française. De ce fait, l’Angleterre unie le Haut-Canada et le Bas-Canada ; le pays tout entier est désormais sous la tutelle d’un seul gouverneur. L’Acte donne au Haut-Canada, presque exclusivement anglais et moins peuplé, le même nombre de députés qu’au Bas-Canada ; il fait aussi de l’anglais la seule langue officielle. Lord Durham prévoit même que les anglophones seront bientôt plus nombreux, qu’ils domineront ainsi l’Assemblée.

En concevant en 1883 les plans du Palais législatif de Québec aujourd’hui l’Assemblée nationale, Eugène-Étienne Taché architecte et sous-ministre des Terres de la Couronne, fit graver dans la pierre, sous les armes du Québec la devise du Québec Je me souviens. Il a conçu la décoration de la façade de l’hôtel du Parlement comme un rappel de l’histoire du Québec et il en a fait un véritable Panthéon (Amérindiens, explorateurs, missionnaires, militaires administrateurs publics du régime français et des figures du régime anglais. Le Canada-Uni compte alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. De plus entre 1850 et 1860, plus de 250 000 immigrants arrivent au Canada.

En 1867, sous l’impulsion de John A. Macdonald et de Georges Étienne Cartier (deux hommes politiques canadiens), la tendance vers le fédéralisme se concrétise et l’« Acte de l’Amérique du Nord britannique » fut crée le 1er juillet et elle regroupe quatre provinces : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse (l’ancienne Acadie), l’Ontario et le Québec qui compte 1 200 000 habitants. Le français redevient une langue officielle, avec l’anglais, mais il n’est nullement question de rendre bilingue le gouvernement fédéral (et encore moins de faire du Canada un pays bilingue.

Le pays s’est gagné une grande crédibilité en participant à la première guerre et aux négociations qui l’ont suivie ; si bien que l’Angleterre accorde une pleine autonomie au Canada par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth) en 1931. Le Canada peut être considéré à ce moment-là comme un véritable pays indépendant.

L’Union Nationale, fondée en 1938, prend le pouvoir au Québec, avec son chef Maurice Duplessis. Duplessis. Il se voudra autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintiendra le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d’éducation, d’économie et dans les lois sociales.

De 1939 à 1945, le Canada appuiera financièrement la Grande-Bretagne lors de la seconde guerre mondiale et envoya plus 700 000 hommes combattre au front ; 41 000 seront tués. Le Canada s’illustre surtout par sa participation au débarquement de Normandie en juin 1944. Cependant, en 1942, Mackenzie-King tient un plébiscite, en demandant aux Canadiens de lui permettre de renier sa promesse de ne pas procéder à la conscription. Les francophones disent non à 80 %, mais parce que les anglophones sont plus nombreux et qu’ils votent oui, le résultat final est 63 % pour le oui ; la conscription est passée. La distinction entre le Québec et le reste du pays ne fait plus de doute.

On redonne en 1940 le droit de vote aux femmes. En 1948 Le Québec adopte son drapeau (le fleurdelisé). Duplessis crée au Québec l’impôt provincial sur le revenu des particuliers en 1954. Sa mort en 1959 met fin à ce qu’on appelle la période de « grande noirceur » et permet aux éléments de la Révolution tranquille de se mettre en place.

Au Québec, en 1961 il y a formation de la Commission Parent, chargée de proposer une réforme du système scolaire et en 1964, création du ministère de l’Éducation du Québec. En moins de dix ans, les polyvalentes et les cégeps remplacent les écoles de rang et les séminaires.

Le Front de libération du Québec (FLQ) en 1963 fait exploser ses premières bombes à proximité de casernes militaires, symboles de la présence britannique dans la province. L’action du FLQ atteint son paroxysme en 1970, alors que sont enlevés James Cross (diplomate britannique) et, cinq jours plus tard, Pierre Laporte (ministre du travail). Suite à l’enlèvement de James Cross et de Pierre Laporte, Trudeau décrète la Loi des mesures de guerre, la police arrête 457 personnes (dont certaines personnalités québécoises importantes), et l’armée arrive à Montréal. C’est la Crise d’octobre. Les felquistes livrent le cadavre de Laporte et, après 47 jours de captivité, libèrent Cross en échange d’un sauf-conduit pour Cuba.

Le drapeau canadien est adopté en 1965 après de longs débats mouvementés (les libéraux de Lester B. Pearson au pouvoir depuis 1963 voulaient le drapeau que l’on connaît actuellement, alors que les Conservateurs de John Diefenbaker tenaient à la présence d’un petit Union Jack sur le drapeau canadien. Cette même année, Pearson, qui veut du sang neuf dans l’aile québécoise de son parti, fait appel entre autres à Pierre Elliott Trudeau (avocat, commentateur politique et professeur de droit). Trudeau s’oppose au nationalisme québécois, qu’il trouve répugnant.

Pierre Eliot Trudeau, devenu chef du Parti libéral fédéral, est élu Premier ministre du Canada. Il proclame le français et l’anglais langues officielles du pays en 1969, et met sur pied un projet ambitieux pour réviser la constitution canadienne ; cependant il subit l’opposition des souverainistes du Québec (renforcée par la victoire du Parti Québécois aux élections de 1976, sous René Lévesque) et fait face aux réactions conservatrices des provinces de l’Ouest. ‘est aussi en 1968 que René Lévesque fonde le Parti Québécois ; il était depuis 1960 député libéral, et fut ministre de 1960 à 1966 (années durant lesquelles il procéda à la nationalisation des ressources hydroélectriques).

Au début de cette même année, les Québécois ont donné le pouvoir aux libéraux du jeune Robert Bourassa (qui sera Premier ministre une première fois de 1970 à 1976) ; le P.Q. quant a lui a récolté 23 % des votes mais seulement sept sièges à l’Assemblée nationale. Par la suite en1974 Robert Bourassa proclame le français langue officielle du Québec. C’est en 1976 que la Charte des droits et libertés du Québec entre en vigueur et que le Canada abolit la peine capitale. Le 15 novembre 1976, le Parti Québécois est porté au pouvoir. Dans le reste du pays, c’est la stupeur. Le premier février 1978, la loi 101 est sanctionnée.

Le 20 mai, 1980 par un premier référendum, les Québécois (59.6 %) disent non au projet de souveraineté-association de René Lévesque (le OUI ne remporte que 40.4 % du suffrage). La campagne du « non » a été menée par Pierre Trudeau, Claude Ryan et Jean Chrétien. Le taux de participation a été de 84 %. L’auteure Anne Hébert remporte le prix Fémina en 1982 prestigieux prix littéraire français, pour son roman Les Fous de Bassan. Avant elle, trois autres écrivaines ont remporté des prix similaires: Antonine Maillet (prix Goncourt 1972), Marie-Claire Blais (prix Médicis 1966) et Gabrielle Roy (prix Fémina 1947).

En mai 1984 trois personnes perdent la vie lorsque le caporal Denis Lortie ouvre le feu dans l’Assemblée nationale à Québec. En avril 1985, entrée en vigueur de l’article 15 de la Charte des droits et libertés du Canada, qui modifie la constitution canadienne pour assurer l’égalité à tous devant la loi. À l’été 1990-c’est l’épisode de la crise d’Oka, alors que les Mohawks d’Oka (au Québec) affrontent les Blancs, la police provinciale, puis l’armée canadienne.

Le 27 mars, 1991 la Commission québécoise Bélanger-Campeau, mise sur pied en réponse à l’échec de Meech, remet son rapport. Elle entrevoit deux solutions possibles à l’impasse constitutionnelle: une profonde modification du système fédéral ou la souveraineté du Québec. En janvier de cette même année, le Rapport Allaire, issu d’un comité interne du Parti libéral, en venait à la même conclusion.

Pour donner suite au rapport Bélanger-Campeau, le gouvernement du Québec dépose un projet de loi en mai qui prévoit un référendum avant la fin de 1992 sur de nouvelles offres du fédéral ou sur la souveraineté du Québec. Le pays compte quelque 9 millions d’habitants qui ne sont d’origine ni britannique ni française. Ce groupe comprend mal pourquoi on essaie de faire du Canada un pays bilingue.

Le 26 octobre, l’Accord constitutionnel de Charlottetown est rejeté par la population canadienne lors d’un référendum national. L’accord se voulait similaire à celui de Meech, mais au Québec il a été jugé insuffisant et dans le reste du Canada perçu comme inéquitable car favorisant trop le Québec. Cela met fin à plusieurs années de débat constitutionnel. Désormais, l’économie deviendra la priorité des gouvernements.

Le 30 octobre, 1995 deuxième référendum sur l’indépendance du Québec. Le clan du NON l’emporte de justesse sur le clan du OUI : 50.58 % contre 49.42 %.

Par la suite d’élection en élection les partis se sont succédés à Ottawa et Québec. Le 2 juin 1997 les libéraux de Jean Chrétien forme le gouvernement à Ottawa. Le 30 novembre 1998 le Parti Québécois, sous la direction de Lucien Bouchard, garde le pouvoir aux dépens de Parti libéral dirigé par Jean Charest. Le 1er avril 1999, création au nord du Canada d’un nouveau territoire, le Nunavut, qui sera administré par un parlement inuit.

Et cela se poursuit le 27 novembre 2000 les libéraux de Jean Chrétien réussissent à se faire réélire à la tête du gouvernement fédéral. Le 8 mars 2001 suite à la démission de Lucien Bouchard qui quitte la vie politique pour se consacrer à sa famille, Bernard Landry devient Premier ministre du Québec. Au Québec, le 14 avril 2002, les Libéraux de Jean Charest prennent le pouvoir des mains du Parti Québécois. Le lundi 28 juin 2004 les libéraux de Paul Martin obtiennent un gouvernement minoritaire au fédéral. Le lundi 23 janvier2006, les libéraux de Paul Martin perdent le pouvoir aux mains des conservateurs de Stephen Harper.

Finalement au Québec le 7 décembre 2008 le premier ministre Jean Charest, a décidé de convoquer des élections prématurément, malgré l’absence de vote de confiance négatif à l’Assemblée nationale. Le gouvernement libéral de Jean Charest sera conservent le pouvoir avec une faible majorité.