Québec, le 27 juillet 2010

Un bouc émissaire

La compagnie British Petroleum (BP) exploitant de la plate-forme Deepwater Horizon propriété de Transocéan responsable de la marée noire sans précédent a décidé de sauver la face en congédiant le haut dirigeant Tony Hayward. En effet très critiqué pour sa gestion de la catastrophe Monsieur Hayward cèdera sa place à l’Américain Bob Dudley qui tentera de redorer le blason de la compagnie pétrolière. Toutefois le dirigeant partira avec une indemnité de départ de 1,6 millions et une retraite accumulée de 17,3 millions c’est peu dire.

BP oublie de dire que Monsieur Hayward a fait l’affaire de la compagnie lorsqu’il a pris la direction de la division exploration-production en 2003 en accroissant substantiellement les réserves de pétrole ce qui lui a valu les rênes du groupe en mai 2007. En effet BP sortait d’une période à la fois clinquante et émaillée d’accidents et Monsieur Hayward avait voulu se concentrer sur la sécurité et les opérations au jour le jour mais l’appât du gain de BP a pris le dessus.

Il est évident que l’origine de l’accident est ancrée dans des choix économiques et parfois au détriment de la sécurité. Les compagnies pétrolières jouent à l’apprenti sorcier avec des puits forés à plus de 3000 mètres de profondeur sans s’assurer d’une sécurité adéquate.

Ce qui est clair, c’est que BP ne peut pas et ne devrait pas quitter le golfe sans répondre de sa responsabilité de reboucher officiellement le puits, de nettoyer les dégâts qui ont été provoqués et d’indemniser les victimes.