Québec, le 24 avril 1987

Très chers députés Québécois

Aurez-vous le courage de poursuivre la lecture jusqu’à la fin.

Cette lettre fait suite à un article de Monsieur Normand Delisle du soleil publiée dans l’édition du 16 avril qui était intitiulé :.

N’est-il pas curieux que nos députés se considèrent sous-payés à $52,344 maintenant que les négociations des secturs public et parapublic soient terminés ? Il ne faut pas oublier que ce montant est le minimum des élus et on ne parle pas du salaire de nos illustres ministres.

Dans le présent contexte un rappel s’avère nécessaire pour remettre le tout en perspective. En janvier 1983 le gouvernement en place reniait sa propre signature de la convention collective qui se terminait et décrétait les nouveaux salaires et ce à la baisse. En effet durant 3 mois il a réduit les salaires de 20% et gelait ces mêmes salaires pour 3 ans de la dernière classe.

Cette coupure et ce gel ramenait les salaires de cette classe de professionnelle à l’année 1983. Cette action amenait une baisse supplémentaire des salaires de 12% tout en augmentant la charge de travail à 35 heures semaines. Du même coup, le soleil nous apprenait que depuis 1983 il en coûte $107.00 de plus par semaine pour subvenir aux besoins d’une famille de 4 personnes.

À la fin de 1986, le gouvernement Bourassa a demandé une étude sur la rémunération des salariés de l’état. Toutefois il s’est empressé de la faire disparaître lorsqu’il s’est aperçu que, contrairement à ce qu’il pensait, ceux-ci étaient sous-payés en rapport avec des emplois semblables dans le privé. La différence atteignait entre $15 000 et $20 000 dollars par année dépendamment du corps d’emploi.

Est-ce que nos brillants députés feront aussi leur part pour réduire les coûts ? Pourquoi ne seraient-ils pas aussi solidaire ? Accepteraient-ils une baisse de salaire de 10% comme on s’est fait décréter. Ceci irait dans le sens des déclarations du ministre Paul Corbeil et de son premier ministre Robert Bourassa à l’effet de réduire les coûts de la fonction publique Québécoise.