Québec le 7 avril 1998

Stratégie et El Nino

J’ai lu avec attention l’éditorial de Lise Bissonnette et l’article de Josée Legault dans le devoir du 8 avril concernant la stratégie et les réactions des stratèges Péquistes. Ce n’est pas d’hier que les stratèges du Parti Québécois ne sont pas à la hauteur, c’était ainsi sous René Levesque, sous Jacques Parizeau et celà se répète sous Lucien Bouchard.

Par contre je comprends un peu leur état de panique et, en même temps, je comprends les réactions de la population reflétée par les sondages. Depuis toujours le peuple québécois se cherche une identité et se cherche également un leader qui reflétera le plus possible leur idéologie. Depuis le début du siècle et même avant, tous les premiers ministres du Québec ont revendiqué le caractère distinct et les aspects propres aux québécois et depuis toujours ils n’ont pas été satisfait. De sauveur en sauveur, la déception s’est incrustée dans notre vie de tous les jours et souvent, le désarroi fait place à l’écoeurement et à la démobilisation.

Voilà que dans une période de haute restriction budgétaire, de reprise du contrôle des finances publiques et d’un El Nino atmosphérique et politique un nouveau sauveur nous arrive. Sans même connaître ses opinions ou ses idées sur les grands dossiers qu’ont à coeur les québécois, sans même savoir s’il vient vraiment pour le Québec, voilà que le peuple crie Jean, Jean.

Oui les scribes ont de l’influence sur le peuple, oui le peuple donne un jugement rapide sur le personnage politique, mais, dans cette période pascale, il ne faut pas oublier que le sauveur a été renié par des proches et crucifié.