Québec, le 1 juin 2011

Réinventer le Nord du Québec
Plan nord 2
Lors de sa réélection le premier ministre du Québec Jean Charest exigeait un gouvernement branché, accessible et un gouvernement qui est là quand on a besoin de lui mais qui, le reste du temps, se mêle de ses affaires. Nous constatons malheureusement que le premier ministre a manqué son coup et ne se m^le même pas de ses affaires.

Il a manqué de courage en refusant de tenir une enquête publique sur la corruption dans le monde de la construction et, malgré l’opposition de plusieurs groupes de citoyens et les pressions de l’opposition, a maintenu l’orientation de son gouvernement en refusant un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes.

Il essai maintenant de relancer son gouvernement en réinventant le nord du Québec par son plan nord improvisé qui n’apporte aucune valeur ajoutée sur les efforts fait au cours des 40 dernières années dans le développement du nord du Québec. En effet de la même façon qu’il a laissé les compagnies privées exploités les droits miniers sur la quasi-totalité des réserves de gaz de schiste situées sur la rive sud il veut maintenant donner le nord aux compagnies minières.
Plan nord 1
En effet quand on voit la manière empressée avec laquelle le gouvernement Charest a accepté les projets gaziers et avec quelle désinvolture il a balayé du revers de la main les préoccupations des citoyens il est difficile de croire qu’il changera d’attitude dans la réalisation de son héritage du plan nord.

L’annonce prématurée de ce plan remettra le feu aux poudres avec les autochtones qui s’accommodaient très bien des ententes actuelles. En effet un rapport du ministère des Affaires indiennes affirmait au début des années 1990 que c’était au Québec que les Indiens connaissent le meilleur sort. De plus, c’est au Québec qu’il y a le plus d’ententes et de traités signés par les gouvernements avec différentes communautés autochtones des quatre coins du Québec.

Qu’il ne suffise de mentionner l’entente avec les Cris de la Baie James et du Nord québécois, la Paix des Braves, l’approche commune signée avec quatre communautés innus et les différents règlements sur les pêches dont celui avec les Inuits du Nunavik permettant une gestion concertée. Que dire aussi de l’obligation de négocier avec les autochtones lors d’exploitations forestières et minières. Plus récemment, des ententes sur le développement de la culture ont été signées avec différentes communautés. Des doyens d’universités et des représentants des Premières Nations ont aussi ratifié une entente qui transformera la manière dont on enseigne aux autochtones.

D’après moi ce plan nord est trop axé sur la croissance économique et pas suffisamment sur le développement durable. Le plan nord néglige le fait que le gouvernement du Québec en 2000 a redéfini avec la participation de toutes les communautés locales les unités d’aménagement forestier pour l’exploitation forestière et a légiféré sur une limite nordique des forêts attribuable au-delà de laquelle aucune exploitation forestière n’est admise afin de protéger ce territoire fragile.

L’exploitation forestière, au nord du 49e parallèle, produit annuellement 11,7 millions de mètres cubes de bois, ce qui représente près de 53 % de la production totale du Québec. Trente-deux usines s’approvisionnent sur le territoire du Plan Nord, dont 11 sont situées au nord du 49e parallèle. Ces activités de récolte soutiennent près de 15 000 emplois, dont 5 600 en forêt et 9 300 dans les usines de première transformation de la matière ligneuse.

Nous allons payer pour des routes, de d’équipement, de la formation, de l’expertise géologique et, au bout du compte, est-ce qu’on va en retirer des revenus suffisants pour financer les systèmes de santé et d’éducation au détriment des nombreux profits des minières étrangères.