Québec, le 17 juin 1989

Otage du rapiéçage

Qui se souvient du français des années 40 ? Qui avoue l’amélioration du français des années 70 ? Qui se revalorise en dénigrant la qualité du français des années 80 ?

Je lisais dernièrement un article du soleil intitulé : ‘le français menacé’ et un autre ‘le ministre de l’éducation prépare une nouvelle politique du français à l’école’. On se prépare encore à tout chambarder en prenant nos enfants en otage.

En effet nos enfants sont et seront pris en otage de ces supposés améliorations du français à l’école. Pourquoi ? Parce que les enseignants rejettent la faute sur nos enfants et les culpabilisent. Un moment, nos enfants doivent lire avant de parler ou à un autre parler avant de lire. Il va de soi qu’il y a un problème au niveau de l’apprentissage du français ça les professeurs le reconnaissent, les autorités l’affirment, les enfants l’absorbent et les parents en subissent les contrecoups.

Je contemplais il y a quelques années, au salon du livre, de belles méthodes d’enseignement de 1ière, 2ième et 3ième année avec de belles couleurs qui attirent l’attention des enfants avec une dynamique d’évolution liée à l’ensemble de la méthode préparée par le spécialiste.

J,ai également remarqué dans une école des photocopies d’une partie de certains livres de cette dernière méthode. Voilà un problème car l’auteur basait sa méthode sur une philosophie d’approche sur la couleur, le saisissement, un suivi idéologique de sa méthode et une finalisation répétitrice de l’ensemble. À cause des budgets restreints des commissions scolaires, ces rapiéçages de parties de méthode n’aident pas à la qualité du Français.

Il faudrait que l’argent soit investi dans des méthodes complètes afin que nos enfants ne soient des otages ni des cobayes d’apprentissage. En terminant je suis assuré qu’au Québec nous avons les méthodes appropriées pour améliorer le français à l’école, que nous avons les ressources humaines nécessaires pour les appliquer et ce qu’il nous faut, c’est une saine gestion et une utilisation rationnelle des outils financiers.