Québec, le 30 octobre 2010
Référendum 4
Nous avons passé tout près

Il y a 15 ans la population du Québec est venue bien proche d’être un pays ou du moins d’avoir le droit et le pouvoir d’enclencher le processus mais certains facteurs bizarroïdes ont fait en sorte que ce n’est pas arrivé. D’ailleurs la déclaration incendiaire de Jacques Parizeau le soir du référendum est on ne peut plus clair. En effet lorsqu’il a déclaré «nous avons été battus par l’argent et des votes ethniques» il venait de dire tout haut ce que pas mal de Québécois pensaient tout bas. Ce discours vengeur même si certains l’ont estimé inopportune exprime néanmoins une vérité incontournable qui a été largement démontrée au fil des ans.

Par contre il faut se rappeler du caractère exceptionnel de la participation électorale au cours du référendum de 1995 avec 93,5 % des électeurs qui ont voté, il ne s’agit pas seulement d’un record pour une consultation québécoise et même canadienne. En effet il s’agit d’un taux de 8% de plus que lors du dernier record historique depuis le début de la Confédération, réalisé lors du référendum de 1980 (participation de 85,6%).

Il faut également se dire que lors de consultations au Québec, le facteur linguistique est le facteur déterminant pour expliquer les comportements électoraux. En effet alors que le résultat du référendum a été très serré (50,6% au NON et 49,4% au OUI), 80 circonscriptions ont voté OUI et seulement 45 ont voté NON.Référendum 2

Alors que presque toutes les régions du Québec ont appuyé le OUI, dans la région de Montréal la tendance du vote épouse très exactement les frontières linguistiques. Des 45 circonscriptions qui ont voté NON, on n’en compte que 12 ayant une proportion de francophones supérieure à celle de l’ensemble du Québec. De ce fait ce résultat reflète le déséquilibre de la répartition géographique des électeurs selon leur langue maternelle.

En ce qui concerne l’argent, jamais au cours d’une campagne politique au Québec les choses ne furent si évidentes. Tout d’abord le camp du NON fut envahies par les forces vivent ayant un contrôle financier soient chefs de grandes entreprises, milieux d’affaires, chambres de commerce, conseil du patronat, banques, capital financier et autres. En ce qui concerne le camp du OUI, le peuple ordinaire avec les organismes tels mouvement syndical, mouvement féministe, groupes populaires, la majorité des intellectuels et des artistes et autres populaires.

C’est ça que nous avons vécu et presque vaincu en 1995 et à quand la prochaine?