Québec, le 23 janvier 2010

Nécessité du syndicalisme

Déçu de ne pas avoir été invité au sommet économique tenu à Lévis la semaine dernière, le président et chef de direction de Quebecor Inc. Monsieur Pierre Karl Péladeau s’est servi de ses médias afin de donner son opinion sur le sujet. Toutefois cette lettre ouverte de parut le journal de Québec m’a fait fortement réagir. En effet il ne faudrait pas que cet homme d’affaires antisyndical notoire mettant en lock-out ses entreprises et ses employés soit la personne qui suggère la façon de faire au gouvernement du Québec et aux autres chefs d’entreprises du Québec. Monsieur Péladeau n’a vraiment pas de leçon à donner en termes de relation de travail car ses employés voulaient négocier légalement leurs conditions de travail.

Il faut quand même se rappeler que depuis les premières grèves des chaussures dans les années 1900 aux années 2000 en passant par la violente grève d’Asbestos en 1949 ou les Pierre-Elliot Trudeau, Jean Marchand, Gérald Pelletier et René Levesque ont été des acteurs importants, le syndicalisme a aidé à obtenir des conditions de travail intéressantes tant pour le personnel syndiqué que non-syndiqué.

En effet toutes ces luttes syndicales ont fait réagir les gouvernements en adoptant la loi sur les normes du travail et la loi anti briseur de grèves dont M. Péladeau se moque allègrement. De plus les relations de travail se sont beaucoup civilisées depuis les trente dernières années au Québec amenant même employés et employeurs à des négociations continues.

Toutefois, le syndicalisme ne doit pas être une lutte de pouvoir mais bien un combat afin de limiter l’arbitraire, la discrimination, introduire l’équité et la solidarité. Il faut que les employeurs comprennent qu’enlever des acquis durement gagnés par les syndiqués c’est une limite à ne pas franchir. De la même façon les syndiqués comprendront qu’il y a des limites à se faire de nouveaux acquis car la population qui est largement taxée en a ras le bol.

Il est également disgracieux et tricheur de monter la population contre les travailleurs syndiqués, comme le fait Monsieur Péladeau dans sa lettre ouverte. Ces travailleurs ont réussis, par leurs luttes parfois très difficiles, à aider l’ensemble des travailleurs du Québec à obtenir des conditions de travail convenables et à faire établir un salaire minimum respectable.