Québec, le 26 juillet 2010

Le recensement une nécessité

Au Canada, le recensement obligatoire a toujours été la seule source fiable de données détaillées concernant la population et les calculs statistiques peuvent servir à des zones aussi petites qu’un quartier urbain ou aussi grandes que le pays lui-même.

Toutefois 345 ans après que Jean Talon ait dénombré de porte à porte les 3215 habitants de la Nouvelle-France en fonction de l’âge, du sexe, de l’état matrimonial et de la profession, le gouvernement conservateur de Stephen Harper dans une décision unilatérale et irréfléchie a décidé de modifier les règles du jeu et de rendre le remplissage du long questionnaire volontaire. Suite à cette décision le grand patron et statisticien en chef de Statistique Canada Munir Sheikh a trouvé la chose assez grave pour démissionner.

C’est en 1971 que le Bureau fédéral de la statistique fondé en 1871 devint Statistique Canada et marquait le 100e anniversaire du premier recensement national au Canada. Depuis lors Statistique Canada réalise un recensement tous les cinq ans en utilisant la méthode de l’auto dénombrement.
Grâce à l’obligation de répondre, le taux de réponse au questionnaire détaillé était de plus de 95 %, mais avec un questionnaire facultatif, on prévoit un taux de réponse en bas de 50 %. De plus même ceux qui acceptent de remplir le questionnaire détaillé auront désormais le choix de ne pas répondre à toutes les questions.

De toute façon la version longue et détaillée n’était envoyée qu’à 20% de la population ce qui nous amenait l’obligation de répondre qu’une fois tous les 25 ans. C’est une mauvaise décision d’autant plus que le recensement canadien s’effectuait tous les cinq ans et, avec des questions semblables d’une fois à l’autre, il était donc possible de distinguer les changements démographiques qui produisaient au fil du temps.