Québec, le 20 juin 2011
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La saga d’un nouvel amphithéâtre (Chapitre 1)

Pourquoi en sommes-nous rendu à se chicaner sur la place publique pour un projet d’amphithéâtre? Un retour en arrière nous donne certaines explications. Le club des Nordiques de Québec fut fondé en 1971 par un consortium formé de Marius Fortier, Jean-Marc Bruneau, John Dacres, Marcel Bédard, Jean-Claude Mathieu et Léo-Paul Beausoleil1, située dans la ville de Québec. L’équipe a évolué dans l’Association mondiale de hockey (AMH) de 1971 à 1979 et puis ont rejoint la Ligue nationale de hockey (LNH) de 1980 à 1995.

Toutefois après avoir résisté courageusement à toutes les épreuves durant ses 23 saisons d’existences, le club québécois rend finalement l’âme au mois de mai 1995. En effet après plusieurs semaines de négociations infructueuses avec le gouvernement du Québec, Marcel Aubut annonce, le 25 mai 1995, la vente officielle des Nordiques à Comsat Corporation de Washington pour 75 millions de dollars. L’entreprise choisit la ville de Denver au Colorado pour établir sa nouvelle équipe les avalanches du Colorado qui gagnèrent une première coupe Stanley.

Dans son annonce, Marcel Aubut avait expliqué le départ des Nordiques par la petitesse du marché de Québec et par la hausse des salaires des joueurs. Déjà, en novembre 1989, Aubut se montrait pessimiste: «Les Nordiques sont voués à une mort certaine dans les cinq prochaines années s’ils n’obtiennent pas bientôt l’assurance de la construction d’un nouvel édifice».
Quelques hommes d’affaires de la région de Québec voulaient racheter les Nordiques et de suivre l’exemple des Expos en vendant les meilleurs joueurs du club, mais c’est trop peu, trop tard. Le 21 juin 1995, la vente est approuvée par tous les gouverneurs de la LNH à l’exception des représentants des Canadiens, qui s’abstiennent de voter.
(Chapitre 2)

Souvenez-vous qu’à l’élection du 1ier novembre 2009 le maire sortant Régis Labeaume avait donné un ultimatum à la population de Québec. En effet après avoir annoncé durant la campagne électorale un projet d’un nouvel amphithéâtre il avait immédiatement ajouté que si la population ne lui donnait pas une majorité solide il abandonnerait tout simplement le projet.

Les résultats de l’élection lui ont donné cette majorité presque totale et la saga d’un nouvel amphithéâtre s’est poursuivi au fil des mois à la grandeur du Québec voir même de l’Amérique du nord. Cette saga est devenus un feuilleton car tous les jours nous voyions et entendions parler de ce fameux projet lié tantôt à une équipe de la ligue nationale de hockey (LNH) et parfois aux jeux olympiques d’hiver.

Au niveau du gouvernement fédéral la plupart des élus conservateurs de l’est du Québec sauf Maxime Bernier ont endossé l’uniforme des ex- nordiques. Par contre leur position et cette photo n’a pas plus au canada anglais et des réactions vives sont parvenus par les médias de l’ouest.

(Chapitre 3)

Les radios parlés de Québec ont tellement accrochés moralement à cette œuvre romanesque qu’ils en ont oubliés leur rôle premier soit celui de donner une vraie information au publique. Plusieurs journaux de Montréal sont également devenus des méchants acteurs de cet épilogue en se prononçant majoritairement contre ce projet d’infrastructure.

D’autre part le premier ministre Stephen Harper, visiblement ébranlé et réagissant aux propos des citoyens de l’ouest du Canada, avait ajouté en campagne électorale fédérale que son gouvernement n’investirait aucun argent public au projet tant que le privé n’investissait pas majoritairement.

Pour ajouter à l’aventure une enquête Léger Marketing et le journal le devoir avait malheureusement mis un peu de piquant à cette histoire. En effet 58% des répondants s’opposaient à la décision du gouvernement Charest d’investir près de 200 millions dans ce complexe.

En revenant de l’un de ses nombreux voyages le maire Labeaume avait réagit avec furie à cette nouvelle épisode lors d’une rencontre publique avec des citoyens en traitant les opposants de grands talents et d’idiots.

(Chapitre 4)

Il semble qu’en 2010 les acteurs soient les mêmes qu’en 1995 d’abord Garry Bettman qui n’a pas hésité à accepter la vente les nordiques. Par contre aujourd’hui il protège les concessions et veut les conserver autant que possible au même endroit. Toutefois la ville de Winnipeg a réussi à obtenir de Gary Betmann le retour d’une équipe de la LNH après plus de quinze ans d’absence. En effet depuis 2004 le maire, les partisans et des hommes d’affaires travaillaient en douce pour obtenir ce retour.

Dans son nouveau rôle l’actuel président du Comité olympique canadien et l’ancien président liquidateurs des Nordiques de Québec, Marcel Aubut demande à l’Ouest canadien de se rallier au projet de construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec. Et finalement la population de Québec qui semble un peu plus partagé sur le projet compte tenu d’un minimum de 400 millions provenant des fonds publics.

Lors d’une sorti publique non réfléchit notre maire Labeaume annonce ouvertement que la ville de Québec mettra de l’avant la construction d’un nouvel amphithéâtre sans l’aide d’Ottawa et sans la présence d’une équipe de la LNH.

(Chapitre 5)

Poussé par une vague bleue sans précédent et par les pressions constantes (nordik nation) de la radio parlée de Québec le maire Régis Labeaume a voulu aller trop vite en donnant la gestion d’un futur amphithéâtre de façon un peu cavalière. En effet coup de théâtre le maire Régis Labeaume annonce au terme de plusieurs mois de négociation avoir conclu une entente avec Quebecor Media et Pierre-Karl Péladeau en vertu de laquelle la compagnie obtient les droits de gestion et de dénomination du futur amphithéâtre pour une période de 25 ans.

Faisant suite à cette annonce un ancien directeur général de la Ville, Denis de Belleval, y voit une subvention déguisée et déclare que l’entente entre l’administration Labeaume et Quebecor sur la gestion du nouvel amphithéâtre de Québec contrevient à la loi des cités et villes. De ce fait il demande au maire Labeaume et au ministre des Affaires municipales Laurent Lessard d’annuler le contrat sans quoi il comptait déposer une requête en nullité en Cour supérieure.

Autre coup de théâtre le maire Labeaume, voulant taire toutes oppositions, demande à l’opposition officielle de présenter un projet de loi privé protégeant ainsi l’entente douteuse intervenue entre Quebecor média. Du même coup il déclare que s’il n’y a pas de projet privé protégeant l’entente il n’y aurait pas d’amphithéâtre.

(Chapitre 6)

Ce dernier épisode implique comme figurante Agnès Maltais du parti Québécois (PQ) qui s’est fait enfirouaper par le scénario en présentant une loi privée qui donnera raison par obligation à la vedette principale du roman l’unique Régis. De ce fait, comme c’est son habitude, le maire a créé une onde de choc sans précédent dans les rangs du parti Québécois amenant une dissension et la démission de 4 députés.

Une commission parlementaire truquée s’est tenue avec des règles assez serrées que les intervenants, manquant de temps, peinaient à intervenir ou à répondre aux questions posées. En plus des Denis de Belleval et Alain Miville Deschênes la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a dénoncé l’incohérence du gouvernement qui, après avoir resserré les règles d’octroi de contrat, les modifierait pour Québec avec le projet de loi 204. Son président, Bernard Généreux, a affirmé que le gouvernement s’aventurait sur une pente savonneuse en persistant sur cette voix en septembre prochain.

L’Association du Barreau canadien Mathieu Bouchard a critiqué sévèrement le projet de loi spécial visant à mettre à l’abri des poursuites une entente conclue pour le projet de nouvel amphithéâtre dans la capitale québécoise. De la même façon l’avocate enseignante à l’université Laval Julie McCann l’a dénoncée.

Dernier coup de théâtre le premier ministre du Québec sans aucune raison apparente retire le projet de loi privé et le renvoi à l’automne.

Dans une conférence de presse de quelques secondes le maire en furie déclare que des gens veulent nuire au projet de la ville et qu’il ne lâchera pas.