Québec, le 12 novembre 2010
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La faute des parents

Le premier ministre Jean Charest vient de s’apercevoir qu’il y a du décrochage scolaire et pour éviter que cela ne retombe sur son gouvernement déjà fortement critiqué il met ça sur la fragile épaule des parents. En effet en essayant de faire de la diversion sur tous les problèmes qui touchent son parti le premier ministre a déclaré cette semaine que son gouvernement et le réseau scolaire ne sont pas responsables pour le nombre élevé de décrocheurs. Du même coup il montre du doigt les parents qui, selon lui, ne s’intéressent pas assez à l’éducation de leurs enfants.

Ce que Monsieur Charest ne dit pas c’est que la réforme de l’éducation, entreprise il y a dix ans déjà, visait justement à contrer le décrochage scolaire. Puisque le décrochage a toujours été davantage une affaire de gars la réforme avait pour but, entre autres, d’augmenter la réussite des garçons à l’école. Or 10 ans plus tard, force est de constater que les écarts en gars et filles sont toujours aussi grands en matière de diplomation.

De plus dans les années 1990 une étude de Louise Langevin de l’Université du Québec à Montréal a démontré que l’abandon scolaire est devenu, à la lumière des chiffres effarants de 36 à 40% dans l’ensemble du Québec, un problème crucial pour les commissions Scolaires.

Il y a plusieurs acteurs dans le dossier de l’éducation de nos enfants dont les professeurs et toute la hiérarchie institutionnelle qui les supporte. Pour inciter les parents à prendre leur place, il importe de démontrer de l’ouverture, ce qui n’est pas toujours évident. Toutefois ce serait important que l’on profite de cette intervention pour encourager les directions, les enseignants qui ont certaines réticences à écouter le point de vue des parents. Ils y trouveront, plus souvent qu’autrement, un jugement éclairé et une expérience riche dont on aurait tort de se priver.