Québec le 5 juillet 1993

Je me souviens

(Réaction à la lettre de Richard Dion, président du comité des agents du Permanent)

En réponse à la lettre parue dans LE SOLEIL du 11 juin, vous écriviez un article qui s’intitulait OUVRIR L’OEIL. Je suis entièrement d’accord mais il faut ouvrir le bon. Je suis persuadé, qu’en ouvrant le bon, l’ensemble de la population n’appuiera pas votre mouvement de boycott ni votre lutte à finir envers notre mouvement Desjardins.

Même si vous dites que le Permanent appartenait essentiellement à des intérêts québécois, la division immobilière de Canada Trust, City Home Realty Inc., prélevait un montant d’argent sur les commissions des vendeurs.

Il y a 16 mois et afin d’aider l’entreprise, le prêteur avait accepté de placer les prêts à taux zéro et, city home ne percevait plus les 2% de commission sur les ventes. Il y a donc eu aide accrue afin que l’entreprise reprenne son envol. Mais le marché n’a pas eu la reprise escompté et le prêteur a dû en venir à l’évidence du non redressement. De plus City home n’a pas réinvesti dans l’entreprise et a laissé la situation se détériorer. Quelques mois plus tard le Permanent reprend le collier avec des franchisés et laisse l’odieux de la faillite aux caisses Desjardins.

Comme dans toutes les faillites, il y a des règles à respecter (tant pour les trusts, les banques ou les caisses) et des marges à ne pas dépasser. De plus il y a des signes précurseurs avant la faillite et je suis certain que la compagnie et les agents les avaient déjà captés. La rentabilité de l’entreprise ne fut pas celle escompté et, ce serait de l’ingérence si le prêteur allait voir les employés pour leur dire que la compagnie va mal, ceci affecterait le climat de confiance.

Malgré votre déclaration dans le Soleil du 5 juillet ou vous engagez dans une lutte à finir avec Desjardins, les Québécois ne seront pas dupes et continueront à encourager notre plus grande entreprise vraiment Québécoise. Quant à votre allusion sur le clergé et la concentration du pouvoir, en ouvrant les yeux on s’aperçoit facilement qu’elle n’est pas là ou vous la placez.