Québec, le 26 février 2010

Discours alarmiste des ex

Divers ex-intervenants provenant de milieux, d’occupations ou de professions différentes ont signés un pacte afin de confesser aux Québécois qu’ils se sont eux-mêmes trompé dans l’exercice de leurs diverses fonctions. Ce comité d’Ex ajoute une nouvelle épée de Damoclès sur la tête des Québécois seulement cinq ans après la parution du manifeste pour un Québec lucide dont douze signataires avaient brandi le spectre d’une dette publique du Québec insoutenable.

En effet cinq membres signataires du manifeste des lucides parut en 2005 (Lucien Bouchard, Joseph Facal, Robert Lacroix, Claude Montmarquette, et Pierre Fortin) et 11 autres citoyens engagés dénoncent maintenant le sous financement des universités, propose le déplafonnement des droits de scolarité, accompagné d’un renforcement des programmes de soutien à l’accessibilité. Les signataires oublient de mentionner que, selon un sondage CROP, les Québécois n’ont pas adhéré aux thèses avancées par le groupe des «lucides» au sujet du péril que représentent la dette et le choc démographique. En plus la génération qui est aujourd’hui dans la vingtaine s’avère encore plus attachée que ses aînés au modèle social-démocrate qui prévaut au Québec.

La proposition de hausser les frais de scolarité universitaires vient d’un groupe de personnes qui n’étudient plus et qui n’ont aucun problème à financer les études de leurs enfants. Il faut aussi se rappeler que plusieurs signataires de ce pacte ont laissé se dégrader la situation au fil des ans et que le sous-financement de nos institutions postsecondaires et leur dégradation s’est fait avec leur concours et leur dévotion pour l’atteinte du déficit zéro.
Il n’en demeure pas moins que le pacte pour le financement concurrentiel de nos universités témoigne de l’ampleur du conflit social entourant la question du financement de l’éducation postsecondaire au Québec. Il ramène notamment, sous la forme d’une lettre d’opinion, l’ensemble des mythes justifiant une hausse des droits de scolarité, et ce, en lieu et place de la participation accrue de l’État dans le financement de nos universités.